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Terminologie

 

La visite des malade est appelée « عيادته » ('iyâdah) en arabe (la racine du mot signifie « le retour ») et ce en raison du fait que les gens reviennent à chaque fois visiter la personne malade. (Source : http://www.ibnothaimeen.com/all/noor/article_1378.shtml )




Le devoir

 

« Certains savants sont d’avis que la visite des malades est une sunna mu’akkada (fortement recommandée).

Sheikh al-Islam Ibn Taymiyya est plutôt d’avis qu’il s’agit d’un fard kifâyah (obligation pour laquelle il suffit qu’un musulman l’effectue pour en acquitter les autres) comme il le précise dans al-ikhtiyârat (p.85) et comme tend à le prouver ce hadith :


حَقُّ المسلمِ على المسلمِ خمسٌ : ردُّ السلامِ، وعيادةُ المريضِ، واتباعُ الجنائزِ، وإجابةُ الدعوةِ، وتَشميتُ العاطسِ


Selon Abu Horayra le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit :

« Le musulman a cinq obligations vis-à-vis du musulman : Lui rendre son salut, lui rendre visite quand il tombe malade, suivre son cortège funèbre, répondre à son invitation, lui dire, quand il éternue : « Yarhamuk Allâh » (qu'Allah te fasse miséricorde)

Sahih Bokhari (1240)


أَطْعِمُوا الْجَائِعَ وَعُودُوا الْمَرِيضَ وَفُكُّوا الْعَانِيَ


Abu Mussa Al-Ach3ari rapporte que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit :

« Donnez à manger à celui qui n'en a pas, visitez le malade et affranchissez les esclaves. »

Sahih Bokhari (5649)


Sheikh 3Utheymine, dans Charh al-Mumti3 (5/173), partage l’avis d’Ibn Taymiyya. »
 

« Il faisait partie des salafs – lorsqu'ils ne voyaient pas un de leurs frères – que de s’enquérir de son état : s’il était en voyage, ils faisaient des invocations pour lui et prenaient soin de sa famille en son absence, et s’il était présent, ils le visitaient et s’il était malade, ils le visitaient aussi. Al-A3mash a dit : nous avions l’habitude de nous asseoir tous ensemble et si une personne manquait à l’appel pendant trois jours, on demandait après elle et si elle était malade on la visitait. »

(Extrait d’un sermon de Sheikh Sâlih Ibn Humaid – www.alminbar.com - )





Qui est le « malade » ?

 

On a souvent tendance à penser que le malade est celui qui se trouve à l’hôpital et on en oublie ceux qui se soignent à domicile. De nos jours, même les personnes porteuses de maladies graves tel que le cancer restent à domicile et ne font que des allers/retours à l’hôpital pour recevoir leurs médications. Cette tendance va en s’accentuant avec le développement de l’hospitalisation à domicile (HAD) qui permet d'assurer au domicile du patient des soins médicaux et paramédicaux importants, pour une période limitée mais renouvelable en fonction de l'évolution de son état de santé.


« Dans Charh al-Mumti3 (5/171), l’auteur décrit le malade qu'il est obligatoire de visiter comme étant celui que la maladie empêche de voir les gens. Si la personne est malade mais peut toujours sortir et voir du monde alors, il n’est pas « obligatoire » de la visiter.

An-Nawawi précise dans (Charh Muslim) que la visite des malades ne concerne pas seulement les gens que l’on connaît.

Elle est généralisée. »


« La visite des malades est également recommandée pour les personnes dans le coma. En effet, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) accompagné d’Abu Bakr a visité Jâbir alors que ce dernier était dans le coma. (Source: Siyar An-Nubalâ).

Yahya Ibn Khalid tomba malade, Ismail Ibn Sabîh Al-Kâtib vint lui rendre visite régulièrement pendant qu'il était dans le coma.

Il se tenait au niveau de sa tête, faisait des invocations pour lui puis s’en allait. Avant de s’en aller, il s’enquerrait de son sommeil, de sa nourriture et de sa boisson auprès de ceux qui prenaient soin de lui. Ainsi, lorsque Yahya se réveilla, il dit : personne ne me visita à l’exception d’Ismail Ibn Sabîh. »

(Extrait d’un sermon de Sheikh Sâlih Ibn Humaid – www.alminbar.com - )





La récompense de la visite

 

La visite au malade doit être motivée par la volonté de se soumettre au Créateur, celle de la recherche de l'agrément

d'Allâh et de Sa récompense.


مَنْ عَادَ مَرِيضًا أَوْ زَارَ أَخًا لَهُ فِي اللَّهِ نَادَاهُ مُنَادٍ : أَنْ طِبْتَ وَطَابَ مَمْشَاكَ وَتَبَوَّأْتَ مِنْ الْجَنَّةِ مَنْزِلا


Tirmidhi rapporte que le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) a dit :

« Celui qui rend visite à une personne malade ou visite un frère dans l'Islam, un invocateur du ciel lui dit :

« Puisses-tu être heureux, que tes pas soient bénis, et puisses-tu occuper une position digne au Paradis ». » 

Hadith déclaré hassan par Sheikh al-Albâni dans Sahih at-Tirmidhi (2008)

 

 

 

إنَّ المُسْلِمَ إِذَا عَادَ أخَاهُ المُسْلِمَ ، لَمْ يَزَلْ في خُرْفَةِ الْجَنَّةِ حَتَّى يَرْجِعَ


 

D'après Thawban, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit :

« Lorsqu'un musulman visite un frère musulman, il récoltera des fruits du Paradis jusqu'à ce qu'il retourne chez lui. » 

Sahih Muslim (2568)



 

 

مَنْ عَادَ مَرِيضًا لَمْ يَزَلْ يَخُوضُ فِي الرَّحْمَةِ حَتَّى يَجْلِسَ , فَإِذَا جَلَسَ اغْتَمَسَ فِيهَا


L’Imam Ahmad rapporte de Jâbir que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit :

« Celui qui rend visite à un malade, baigne dans la miséricorde d'Allah jusqu'à ce qu'il s'assoie.

Et quand il s'assoie, la miséricorde le couvrira entièrement »  

Authentifié par Sheikh al-Albâni dans Silsilah as-Sahihah (2504)

 

 

 

مَا مِنْ مُسْلِم يَعُودُ مُسْلِماً غُدْوة إِلا صَلَّى عَلَيْهِ سَبْعُونَ ألْفَ مَلَكٍ حَتَّى يُمْسِي ، وَإنْ عَادَهُ عَشِيَّةً إِلا صَلَّى عَلَيْهِ سَبْعُونَ ألْفَ مَلَكٍ حَتَّى يُصْبحَ ، وَكَانَ لَهُ خَرِيفٌ في الْجَنَّةِ


Tirmidhi rapporte d’après ‘Ali : J’ai entendu le Messager d’Allâh (صلى الله عليه و سلم) dire :

 

« Il n’y a pas de musulman qui visite un musulman (malade) tôt dans la matinée sans que soixante-dix mille anges le bénissent jusqu'au 

début de la soirée. Et s’il le visite en soirée, soixante-dix mille anges le bénissent jusqu'au petit matin.  Et il aura un jardin au Paradis » 

 

Authentifié par Sheikh al-Albâni dans Sahih Tirmidhi (969)

 

 

 

عن أبي هريرة رضي الله عنه قال رسول الله صلى الله عليه وسلم :إذا عاد الرجل أخاه أو زاره قال الله تعالى طبت 
وطاب ممشاك وتبوأت منزلا في الجنة
(رواه ابن حبان و حسنه الشيخ الألباني في صحيح الترغيب و الترهيب رقم ٣٤٧٤)

 

 

D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit:

 

« Lorsqu'un homme visite son frère malade ou lui rend une simple visite, Allah dit: 

« Tu as été bon, ta marche a été bonne et tu as préparé une demeure au paradis ».
 

(Rapporté par Ibn Hibban et authentifié par Cheikh Albani dans Sahih Targhib n°3474)

 

 

:عن أبي هريرة قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم 
من أصبح منكم اليوم صائمًا ؟ قال أبو بكرٍ : أنا . قال فمن تبع منكم اليومَجنازةً ؟ قال أبو بكرٍ : أنا . قال : فمن أطعم منكم اليوم مسكينًا ؟ قال أبو بكرٍ :أنا . قال : فمن عاد منكم اليومَ مريضًا ؟ قال أبو بكرٍ : أنا . فقال رسولُ اللهِ صلَّى اللهُ عليه وسلَّمَ : ما اجتمَعْنَ في امرئٍ إلا دخل الجنَّةَ

 

 

Selon Abou Hourayra, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah (صلى الله عليه و سلم) a dit :

 

« Qui parmi vous s’est levé en jeûnant aujourd’hui ? » Abou Bakr répondit : « Moi. »
 

Il dit : « Qui parmi vous a suivi un cortège funéraire aujourd’hui ? » Abou Bakr répondit : « Moi. »
 

Il dit : « Qui parmi vous a nourri un pauvre aujourd’hui ? Abou Bakr répondit : « Moi. »
 

Il dit : « Qui parmi vous a rendu visite à un malade aujourd’hui ? » Abou Bakr répondit : « Moi. »

 

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a alors dit :

« Il n’y a pas une personne en qui sont regroupés tous ces actes sans qu’elle n’entre au Paradis ! »

 

Mouslim a cité dans son Sahih (n° 6333)

 

 

 

Les heures de visite

 

Rien n’est précisé dans la sunna quant à un créneau horaire spécifique pour la visite des malades.


Ibn Qayyim a dit : le Prophète (صلى الله عليه و سلم) n’a pas spécifié de jour ou d’heure particuliers pour visiter les malades.

Au contraire, il (صلى الله عليه و سلم) a prescrit cette visite à sa Oumma, qu'elle soit de jour ou de nuit, de tout temps. (Zaad al-Ma3ad, 1/497)


« Certains salafs (pieux prédécesseurs) avaient coutume de visiter les malades en début de journée afin que les anges les bénissent le plus longtemps possible (jusqu’au début de soirée). Cela est narré dans ce hadith :


مَا مِنْ مُسْلِم يَعُودُ مُسْلِماً غُدْوة إِلا صَلَّى عَلَيْهِ سَبْعُونَ ألْفَ مَلَكٍ حَتَّى يُمْسِي ، وَإنْ عَادَهُ عَشِيَّةً إِلا صَلَّى عَلَيْهِ سَبْعُونَ ألْفَ مَلَكٍ حَتَّى يُصْبحَ ، وَكَانَ لَهُ خَرِيفٌ في الْجَنَّةِ


Tirmidhi rapporte d’après 'Ali : J’ai entendu le Messager d’Allâh (صلى الله عليه و سلم) dire :

« Il n’y a pas de musulman qui visite un musulman (malade) tôt dans la matinée sans que soixante-dix mille anges le bénisse jusqu’au début de la soirée. Et s’il le visite en soirée, soixante-dix mille anges le bénissent jusqu’au petit matin. Et il aura un jardin au Paradis. » 

Authentifié par Sheikh al-Albâni dans Sahih at-Tirmidhi (969)
 

 

 

Demander au malade comment il va

 

« Dans un hadith rapporté par Tirmidhi (n°983) et jugé hassan par Sheikh al-Albâni, il est dit que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) demandait au malade comment il allait, comment il se sentait, etc. Il est rapporté que 3Aïsha en fit de même lorsqu’elle visita Abu Bakr et Bilal qui étaient alors tous deux malades. » 





Pleurer en présence du malade

اشْتكى سعدُ بنُ عُبادَةَ شَكْوَى لهُ ، فأتاهُ النبيَّ صلَّى اللهُ عليهِ وسلَّمَ يَعُودُهُ ، مع عبدِ الرحمنِ بنِ عوفٍ ، وسعدِ بنِ أبي وقاصٍ ، وعبدِ اللهِ بنِ مسعودٍ ، رضيَ اللهُ عنهم ، فلمَّا دخل عليهِ ، فوجدَهُ في غاشيةِ أهلِهِ ، فقال : قد قُضِى . قالواْ : لا يا رسولَ اللهِ ، فبَكَى النبيُّ صلَّى اللهُ عليهِ وسلَّمَ ، فلمَّا رأى القومُ بكاءَ النبيِّ صلَّى اللهُ عليهِ وسلَّمَ بَكُواْ ، فقال : ألا تسمعونَ ، إنَّ اللهَ لا يُعَذِّبُ بِدَمْعِ العيْنِ ، ولا بِحُزْنِ القلبِ ، ولكن يُعَذِّبُ بهذا - وأشارَ إلى لسانِهِ - أو يرحمُ ، وإنَّ الميتَ يُعَذَّبُ ببكاءِ أهلِهِ عليهِ


'Abdullah Ibn ‘Umar a dit : « Lorsque Sa'd Ibn 3Ubâdah tomba malade, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lui rendit visite. '

Abdur-Rahman Ibn 3Aouf, Sa3d Ibn Abi Waqqas et 'Abdullah Ibn Mass3oud l’accompagnèrent.

Lorsque le Prophète (صلى الله عليه و سلم) entra et le trouva au milieu des servants de sa famille, il demanda : « A-t-il rendu l’âme ? »

Ils lui répondirent : « Non, Ô Messager d’Allâh (صلى الله عليه و سلم) ». Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) commença alors à pleurer et lorsque les gens le virent ainsi, ils se mirent à pleurer à leur tour.

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dit ensuite :

« Ne savez-vous pas que, en effet, Allâh ne punit pas à cause de ces larmes ou à cause de cette tristesse au cœur. Mais plutôt Il punit ou fait miséricorde pour cela ; Et il pointa sa langue. Quant au mort, il est puni par les cris de sa famille lors de sa mort. »  

Sahih Bokhari (1304)





Réconforter le malade

 

أن النبيَّ صلَّى اللهُ عليه وسلَّم دخل على أعرابي يعوده، قال : وكان النبيُّ صلَّى اللهُ عليه وسلَّم إذا دخل على مريض يعوده قال : لا بأس، طهور إن شاء الله 


Le Prophète entra chez un bédouin malade pour lui rendre visite.

Quand il entrait auprès d'un malade pour lui rendre visite, il disait : « II n'y a pas de mal. C'est une occasion de te purifier de tes péchés. »

Sahih Bokhari (3616)



Cela tend à montrer qu'on doit faire preuve de réconfort envers le malade, essayer de lui remonter le moral, lui faire espérer la guérison.

(Charh Al-Mumti3, 5/171-176)





Prendre des nouvelles du malade

أن علي بن أبي طالب رضي الله عنه خرج من عند رسول الله صلى الله عليه وسلم في وجعه الذي توفي به ، فقال الناس : يا أبا الحسن ، كيف أصبح رسول الله صلى الله عليه وسلم ؟ قال : أصبح بحمد الله بارئا


Ibn 'Abbâs a rapporté que 'Ali fut interrogé par des gens à sa sortie de chez

l’Envoyé d'Allah (صلى الله عليه و سلم) alors qu'il souffrait de la maladie qui allait provoquer sa mort.

Ils lui ont demandé : « Ô Abu Al-Hassan ! Comment va ce matin l’Envoyé de Dieu (صلى الله عليه و سلم) ? »

Il répondit : « Il est ce matin par la grâce de Dieu en bonne santé »  

Authentifié par Sheikh al-Albâni dans Sahih al-adab al-moufrad (860)


 

كنا جلوسًا مع رسولِ اللهِ صلَّى اللهُ عليه وسلَّمَ . إذ جاءه رجلٌ من الأنصارِ فسلَّم عليه . ثم أدبر الأنصاريُّ . فقال رسولُ اللهِ صلَّى اللهُ عليه وسلَّمَ " يا أخا الأنصارِ ! كيف أخي سعدُ بنُ عبادةَ ؟ " فقال : صالحٌ . فقال رسولُ اللهِ صلَّى اللهُ عليه وسلَّمَ : " مَن يعوده منكم ؟ " فقام وقُمْنا معه . ونحن بضعةَ عشرَ . ما علينا نعالٌ ولا خفافٌ ولا قلانسُ ولا قُمُصٌ . نمشي في تلك السِّباخِ حتى جئْناه . فاستأخر قومُه من حولِه . حتى دنا رسولُ اللهِ صلَّى اللهُ عليه وسلَّمَ وأصحابُه الذين معه


Ibn 'Umar rapporte : « Nous étions assis avec le Messager d'Allah (صلى الله عليه و سلم) quand un Ansârite (homme de la tribu des Ansâr) arriva, le salua puis s'en alla. Le Messager d'Allah (صلى الله عليه و سلم) lui dit : « Frère Ansârite, comment va mon frère Sa3d Ibn 'Oubâda ? » Il dit :

« Il est en voie de guérison »… »

Sahih Muslim (925)





Les invocations du malade

 

إذا دخلت على مريض فمره أن يدعو لك، فإن دعاءه كدعاء الملائكة


Ibn Mâja a rapporté d'après 'Umar que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit :

« Lorsque tu visites un malade, demande lui d'invoquer Allâh pour toi, ses invocations ressemblent à celles des anges. »


Ibn Mâja déclare dans son livre Zawâ'd : sa chaîne est authentique, ses transmetteurs sont dignes de confiance mais il est munqati'
Sheikh al-Albâni le déclare Da3if Djiddan (très faible) dans Silsilah ad-Da3ifah (1004)



NDR : Un hadith munqati3 est un hadith dans lequel un rapporteur, ou plusieurs qui ne se suivent pas, sont supprimés à l’intérieur du sanad (la chaine de transmission du hadith). Ce hadith est donc rejeté et il n’y a pas de mise en pratique à effectuer.





La visite des femmes pour les hommes malades

 

قال الإمام البخاري : " باب عيادة النساء الرجال , وعادت أم الدرداء رجلاً من أهل المسجد من الأنصار " . ثم ذكر حديث عائشة رضي الله عنها أنها عادت أبا بكر وبلالاً رضي الله عنهما لما مرضا في أول مقدمهم المدينة
 

Ummu Dardâ a visité un homme des Ansâr qui était un des habitués de la mosquée.

'Âïshah qui visita Abu Bakr et Bilal lorsqu’ils tombèrent malades à leur arrivée à Médine.

L’imam Bokhari "la femme visitant un homme (malade)"

 

حدثنا إسماعيل حدثني مالك عن هشام بن عروة عن أبيه عن عائشة رضي الله عنها أنها قالت لما قدم رسول الله صلى الله عليه وسلم وعك أبو بكر وبلال قالت فدخلت عليهما فقلت يا أبت يف تجدك ويا بلال كيف تجدك قالت وكان أبو بكر إذا أخذته الحمى يقول كل امرئ مصبح في أهله والموت أدنى من شراك نعله وكان بلال إذا أقلع عنه يرفع عقيرته فيقول ألا ليت شعري هل أبيتن ليلة بواد وحولي إذخر وجليل وهل أردن يوما مياه مجنة وهل تبدون لي شامة وطفيل قال قالت عائشة فجئت رسول الله صلى الله عليه وسلم فأخبرته فقال اللهم حبب إلينا المدينة " - " كحبنا مكة أو أشد وصححها وبارك لنا في صاعها ومدها وانقل حماها فاجعلها بالجحفة


Ummu Dardâ a visité un Ansârite.

 

'Aïsha a dit : Lorsque le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) arriva à Médine, Abu Bakr et BilaI tombèrent malades. Je les visitai et racontai ceci au Prophète (صلى الله عليه و سلم) qui dit : « Ô Seigneur fait nous aimer Médine comme nous aimons la Mecque ou plus.

Ô Seigneur et que ta bénédiction soit sur elle et éloigne d'elle la maladie, rends-la à Juhfa »  

Sahih Bokhari (5677)



 

عَنْ أُمِّ الْعَلَاءِ قَالَتْ  عَادَنِي رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَنَا مَرِيضَةٌ فَقَالَ أَبْشِرِي يَا أُمَّ الْعَلَاءِ فَإِنَّ مَرَضَ الْمُسْلِمِ يُذْهِبُ اللَّهُ بِهِ خَطَايَاهُ كَمَا تُذْهِبُ النَّارُ خَبَثَ الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ


Ummul-'Ala a rapporté que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) s’est rendu chez elle alors qu'elle était malade et lui dit :

« Réjouis-toi Ô Ummul-'Ala ! Allah efface les péchés du musulman par la maladie comme le feu débarrasse l’or et l’argent de leurs impuretés » Authentifié par Sheikh al-Albâni dans Sahih abi Daoud (3092)

 

 

قال أبو بكر بعد وفاة رسول الله صلى الله عليه وسلم لعمر انطلق بنا إلى أم أيمن نزورها كما كان رسول الله صلى الله عليه وسلم يزورها قال فلما انتهينا إليها بكت فقالا لها ما يبكيك فما عند الله خير لرسوله قالت إني لأعلم أن ما عند الله خير لرسوله ولكن أبكي أن الوحي قد انقطع من السماء قال فهيجتهما على البكاء فجعلا يبكيان معها.


Anas rapporte qu’Abu Bakr dit à 3Umar, après la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم) : « Allons visiter Ummu Ayman comme le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avait coutume de faire » Et ils lui rendirent visite.

Authentifié par Sheikh al-Albâni dans Sahih ibn mâjah (1334)





Ibn al-Jawzi précise que cela s’adresse à celui qui ne craint pas la fitnah comme c’est le cas lors de la visite d’une femme assez âgée.

 

Cheikh Ibn Baz

Question: Qu'en est-il d’un homme qui visite une femme malade à l'hôpital alors qu’il n’est pas son mahram ?



Réponse: il est autorisé de lui rendre visite même si ce n'était pas son maharam à la condition de ne pas être seul avec elle.

Il faut la présence d’une autre personne ou de l'infirmière. De plus, il faut que la femme malade soit voilée et couverte. Ces conditions sont valables aussi bien aux hommes et aux femmes à savoir que : l'homme ne se retrouve pas seul avec la femme et que la femme soit couverte si les hommes ne sont pas ses mahrams ! Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a ordonné de rendre visite aux malades d'une manière générale (hommes ou femmes, proches et non proches) (Fatwa de Sheikh Ibn Baz : http://www.binbaz.org.sa/mat/9241)





DAR AL IFTA

Question: Est-il permis à ma mère de rendre visite à mon oncle, quand ce dernier est malade et de discuter avec lui ?



Réponse: Il est permis à votre mère de rendre visite à votre oncle si ce dernier est malade, à condition qu'ils ne restent pas seuls.

(Question 2 de la Fatwa 12130 du Comité de l’Ifta – Président : Sheikh Ibn Baz – Vice-Président : Sheikh 3Affifi – Membre : Sheikh Ghoudayan)

Source: http://www.alifta.com/Fatawa/FatawaDetails.aspx?View=Page&PageID=6668&PageNo=1&BookID=9#P406

Visiter les non-musulmans

 

Dans Fath al-Bâri (10/125), il est dit qu’il n’y a pas de mal à visiter les non-musulmans malades pourvu qu'il y ait un intérêt. 

Le but de la visite serait ainsi d’appeler la personne à l’Islam ou de réfréner le mal qu’elle commet ou encore d’alléger son cœur, etc.


كان غُلامٌ يَهودِيٌّ يَخدِمُ النبيَّ صلَّى اللهُ عليه وسلَّم فمَرِض، فأتاه النبيُّ صلَّى اللهُ عليه وسلَّم يَعودُه، فقعَد عِندَ رَأسِه، فقال له : أسلِمْ . فنظَر إلى أبيه وهو عندَه، فقال له : أطِعْ أبا القاسمِ صلَّى اللهُ عليه وسلَّم، فأسلَم، فخرَج النبيُّ صلَّى اللهُ عليه وسلَّم وهو يقولُ : الحمدُ للهِ الذي أنقَذه من النارِ


Anas Ibn Mâlik rapporte : « Un jeune juif servait le Prophète (صلى الله عليه و سلم). Il tomba malade.

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) alla lui rendre visite, s’assit du côté de sa tête et lui dit : « Deviens musulman ! » L’enfant regarda son père qui était près de lui et qui lui dit : « Obéis à Abu Al-Qassim ». L’enfant embrassa l’Islam.

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) sortit en disant : « Louange à Dieu qui l’a sauvé du feu. » »

Sahih Bokhari (1356)


Sheikh 'Utheymine explique que « La visite du chrétien, ou autre parmi les mécréants s’il est malade, est un bien si cela comporte un intérêt comme le fait de l’appeler à l’Islam, c’est une chose demandée. Mais si cela ne comporte pas d’intérêt mais qu’une raison nécessite cette visite, il n’y  pas de mal, comme le fait de visiter un proche, un voisin ou ce qui est semblable à cela.

Dans le cas inverse, il est préférable de délaisser sa visite. Et Allâh est plus savant. » (Fatwa extraite de son site)





La visite des personnes contagieuses

 

 

أبي هريرة رضي الله عنه قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: لا عدوى ولا طيرة ولا هامة ولا صفر، وفر من المجذوم كما تفر من الأسد


Abu Horayra rapporte que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit :

« Fuyez le lépreux comme vous fuiriez un lion »

Sahih Bokhari (5707)





إذا سمعتم بالطاعون بأرض فلا تدخلوا عليه ، و إذا وقع و أنتم بأرض فلا تخرجوا فرارا منه


Ussama bin Zay et 'AbdurRahman bin 'awf et Ibn 'Abbas rapportent que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit :

« Si quelqu'un entend que la peste a frappé un endroit, qu'il n'y entre pas et s’il y est déjà (dedans) qu'il n’en sorte pas. »

Authentifié par Sheikh al-Albâni dans Sahih al-Jâmi3 (616)

DAR AL IFTA

Question: Est-ce que le fait de rester passif face à la maladie de ma mère et de la laisser sans traitement à même de la soigner est une forme de dévouement envers elle ? Commettrions-nous un péché à l'égard de nos enfants qui vivent avec elle à la maison, parce que nous savons que sa maladie est contagieuse ? Et devons-nous la séparer de nos enfants comme l'ont recommandé les médecins ? 


Réponse: Nous vous exhortons à être dévoués envers votre mère, à faire de votre mieux pour la soigner autant que vous le pouvez et à lui parler de la meilleure façon en utilisant les bonnes paroles. Si elle insiste à abandonner le traitement et à ne pas se faire hospitaliser et qu'il vous est impossible de lui trouver des médecins après avoir essayé, il n'y aura nul grief à vous faire après cela.
Si les médecins disent que la maladie est contagieuse, il vous incombe de lui réserver un endroit approprié dans la maison, où elle ne sera pas mêlée aux enfants, conformément au hadith suivant :


لا ضرر ولا ضرار

Pas de nuisance ni à soi-même, ni à autrui.



Authentifié par Sheikh al-Albâni dans Sahih al jâmi3 (7517)



Source: Fatwa 18731 du Comité de l’Ifta – Partie 24/440 – Président : Sheikh Ibn Baz – Vice-Président : Sheikh Al-Ach-Chaykh – Membres : Sheikh Ghoudayan, Sheikh al Fawzan, Sheikh Bakr Abu Zayd)

http://www.alifta.com/Fatawa/FatawaDetails.aspx?View=Page&PageID=9696&PageNo=1&BookID=9#P440





Le mérite de la visite

 

 

إِنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ يَقُولُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ: يَا ابْنَ آدَمَ، مَرِضْتُ فَلَمْ تَعُدْنِي قَالَ: يَا رَبِّ كَيْفَ أَعُودُكَ وَأَنْتَ رَبُّ الْعَالَمِينَ؟ قَالَ: أَمَا عَلِمْتَ أَنَّ عَبْدِي فُلَانًا مَرِضَ فَلَمْ تَعُدْهُ؟ أَمَا عَلِمْتَ أَنَّكَ لَوْ عُدْتَهُ لَوَجَدْتَنِي عِنْدَهُ. يَا ابْنَ آدَمَ: اسْتَطْعَمْتُكَ فَلَمْ تُطْعِمْنِي، قَالَ: يَا رَبِّ وَكَيْفَ أُطْعِمُكَ وَأَنْتَ رَبُّ الْعَالَمِينَ؟ قَالَ: أَمَا عَلِمْتَ أَنَّهُ اسْتَطْعَمَكَ عَبْدِي فُلَانٌ فَلَمْ تُطْعِمْهُ؟ أَمَا عَلِمْتَ أَنَّكَ لَوْ أَطْعَمْتَهُ لَوَجَدْتَ ذَلِكَ عِنْدِي. يَا ابْنَ آدَمَ: اسْتَسْقَيْتُكَ فَلَمْ تَسْقِنِي، قَالَ: يَا رَبِّ كَيْفَ أَسْقِيكَ وَأَنْتَ رَبُّ الْعَالَمِينَ؟ قَالَ اسْتَسْقَاكَ عَبْدِي فُلَانٌ فَلَمْ تَسْقِهِ، أَمَا إِنَّكَ لَوْ سَقَيْتَهُ لَوَجَدْتَ ذَلِكَ عِنْدِي


Abu Horayra tient ces propos de l’envoyé d’Allâh (صلى الله عليه و سلم) : « Allâh Puissant et Majestueux dira le jour de la résurrection : « Ô fils d’Adam, J’étais malade et tu ne M’as pas visité ! » L’homme dira : « Comment aurais-je pu Te visiter alors que Tu es le Seigneur des mondes ? » Ce à quoi Allâh répondra : « Ne savais tu pas que Mon serviteur untel est malade et pourtant tu ne l’as pas visité ? Si tu l’avais visité, tu M’aurais trouvé auprès de lui.» Et Allâh ajouta : « Ô fils d’Adam ! Je t’ai demandé de Me nourrir et tu ne l’as pas fait ! » « Seigneur » dit l’homme, « comment aurai-je pu Te nourrir alors que Tu es le Seigneur des mondes ? » Allâh répondra : « Ignorais tu que Mon serviteur untel t’a demandé de le nourrir et tu ne l’a pas fait ?  Si tu l’avais nourri, tu aurais trouvé cela auprès de Moi.» « Ô fils d’Adam ! Je t’ai demandé à boire mais tu ne l’as pas fait.» L’homme dira : « Seigneur comment aurais-je pu Te donner à boire alors que Tu es le Seigneur des mondes ? » Allâh répondra : « Mon serviteur untel t’a demandé à boire et tu ne l’as pas abreuvé. Ignorais tu que si tu l’avais abreuvé, tu aurais trouvé cela auprès de Moi.» Authentifié par Sheikh al-Albâni dans Sahih al-Jâmi3 (1916)



Charh:



Sheikh 'Utheymine explique dans le livre « Au cœur des hadiths Divins page 106 »


« Allâh le Très Haut dira le Jour de la résurrection : « Ô fils d’Adam, J’étais malade et tu ne M’as pas visité ! » L’homme à qui Allâh s’adresse dira : « Comment aurais-je pu Te visiter alors que tu es le Seigneur des mondes ? » »


Il a dit cela parce qu’il sait qu’Allâh n’a pas besoin de lui pour Le visiter.


Allâh répondra : « Ne savais tu pas que Mon serviteur untel était malade et pourtant tu ne l’as pas visité ? Si tu l’avais visité, tu M’aurais trouvé auprès de lui.»


Il n’y a rien d’ambigu dans la parole d’Allâh : « J’étais malade et tu ne M’as pas visité » parce qu’on sait que la maladie est impossible dans le cas d’Allâh, car la maladie est un attribut d’imperfection, or Allâh est exempt de toute imperfection, comme Il l’a dit dans ce verset (traduction rapprochée) : « Ton Seigneur, Le Détenteur de la puissance, est glorieusement transcendant au-delà de ce qu’ils Lui attribuent. »
Ce qui est voulu dire par maladie ici, c’est la maladie d’un des serviteurs pieux d’Allâh, or les “Amis” d’Allâh sont ses confidents, et quiconque témoigne de l’hostilité à leur encontre , c’est comme s’il témoignait de l’hostilité à l’encontre d’Allâh, comme dans le hadith qudsî ou Allâh le Très Haut dit : « Quiconque est l’ennemi d’un ami “walî” à Moi, Je déclare la guerre contre lui » (Rapporté par Bokhari) Il en va de même pour ce hadith, lorsqu'un de Ses serviteurs pieux tombe malade, Allâh se met auprès de lui, c’est pourquoi Il a dit : « Si tu l’avais visité, tu M’aurais trouvé auprès de lui »


Remarquons qu’Il n’a pas dit : « Tu aurais trouvé cela auprès de Moi », comme Allâh l’a dit à propos de la nourriture et de la boisson.

Cela prouve qu’Allâh est proche du malade.
Les savants en déduisent que l’invocation du malade a beaucoup de chance d’être exaucée, que cette invocation soit en faveur de quelqu'un ou contre quelqu’un .


Il y a dans ce hadith la preuve qu’il est recommandé de visiter les malades et qu’Allâh se met auprès du malade et de celui qui le visite.


« Ô fils d’Adam ! Je t’ai demandé de Me nourrir et tu ne l’as pas fait »


Comme on le sait, Allâh ne demande pas de la nourriture pour Lui-même, Il a dit exalté soit Il dans le Coran (traduction rapprochée) :

« Et c’est Lui qui dispense la nourriture et n’a à recevoir de nourriture de personne. »


Il est suffisamment riche pour se passer de toute chose et n’a besoin ni de nourriture ni de boisson, mais un de Ses serviteurs a eu faim et cet homme qui était au courant de sa situation ne l’a pas nourri.


Allâh lui dit : « Si tu l’avais nourri, tu aurais trouvé cela auprès de Moi »


Cela veut dire que s’il avait nourri ce serviteur, il aurait trouvé la récompense de son acte de bienfaisance bien conservé chez Allâh, la rétribution d’une seule bonne action est dix à sept cent fois sa valeur, voire au-delà encore.


Il y a là la preuve qu’il est recommandé de nourrir l’affamé et qu'Allah garde soigneusement cet acte auprès de Lui afin d’en faire généreusement bénéficier l’auteur le Jour du jugement.


Ce qui a été dit à propos de la nourriture peut se dire à propos de la boisson.


(Fin de citation du Sheikh)

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Qu’il n’y ait pas de mal, que cela soit pour toi une purification (de tes péchés) si Allah le veut.


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Conseils pour la visite

 

- N'hésitez pas à demander au malade si vous le dérangez

- Évitez de rentrer à plusieurs dans la chambre.
- Ne restez pas trop longtemps.
- Ne soyez pas trop bruyant.
​- Méditez les bienfaits d'Allah (Exalté Soit-Il) à votre égard.

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